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Le poker et la génération Y

Il est souvent reproché à la jeune génération du poker live son attitude envers leur environnement de joueur. Voici un avis parmi d’autres.

Dimanche 19 août 2012, heads-up du Super High-Roller dont le vainqueur repartira plus tard avec près d’un million d’euros, presque 800 000 pour le 2ème. Plusieurs attitudes m’ont clairement gêné lors de ce tête à tête. Et le souci vient du fait qu’elles sont criantes lors de chaque finale avec une génération de jeunes joueurs, et de plus en plus marquées, voire affichées. Voici pourquoi.

Le monde des Bisounours

Tout d’abord, un fait inhérent à toute fin de table finale, si comme moi vous en avez visionné beaucoup, c’est cette amitié très superficielle du moment, genre n’importe quelle blague est tout à coup très drôle, n’importe quel move est salué d’un rictus approbatif et les sourires en coin sont plus nombreux que les coin-flips. Pourquoi cette fausse nonchalance ? Tout simplement parce que les derniers joueurs savent qu’ils vont gagner énormément. Alors attention, je ne confonds pas décontraction naturelle après plusieurs jours de tournoi et ironie. L’ironie ici, c’est de nous faire croire que tout il est beau, alors qu’en vérité les joueurs montrent clairement qu’ils vont gagner beaucoup, beaucoup d’argent et le manque de respect est pour moi flagrant envers ceux qui se sont fait sortir où qui ne peuvent payer le buy-in. C’est humain mais un peu de recul semble nécessaire. Lisez aussi notre article qui vaut pour le poker bien sur

Les relations avec les organisateurs et les médias

Je me souviens d’un vainqueur qui ne voulait pas revenir pour se faire interviewer à l’issue de sa victoire, victoire qui avait suivi une table finale où on avait l’impression qu’il n’était pas mais alors pas ravi d’être là. Eh bien, on a failli assister à la même ce dimanche avec JC Alvarado. Hautain pendant la partie, limite avec les organisateurs (il aura tweeté que “Pokerstars peut aller se faire… pour les ITW et qu’ils devraient nous payer pour y répondre”). De même un dédain affiché envers le personnel qui essayait d’organiser au mieux la partie comme la pause dîner. Il suffit de revoir la tête du personnel Pokerstars qui essaye de faire comprendre aux joueurs qu’ils ne sont pas seuls dans leur monde et que tout un ensemble dépend malheureusement de leur choix. De même le petit jeu instauré entre les mains ou Dan Smith et Alvarado qui cachent leurs cartes ou jouent avec est limite pour ceux qui suivent, hormis bien sûr leurs amis stackers dans le rail qui répondent en écho à leurs blagues. Etre heureux oui et c’est bien normal, respecter un minimum les convenances, c’est autre chose.

La technologie

Gros sketches à deux reprises lors du deal avorté à trois ce dimanche puis enfin validé à deux. Que personne ne soit lésé est un fait. Mais jouer au maître des pourcentages avec coup d’oeil sur l’écran géant, son smartphone et les savants calculs de Scott Seiver dans le rail pendant de longues minutes et demander plusieurs fois un stylo était un tant soit peu ridicule, en atteste un des commentateurs qui a indiqué que tout cela était irréel, l’autre s’en défendant en lui disant qu’il y avait beaucoup d’argent en jeu. C’est vrai mais à ce stade, ce qui n’est pas nouveau pour Dan Smith d’ailleurs, c’est assez osé je trouve. Enfin en écho aux nouvelles technologies plusieurs images semblent irréelles. Regardez bien une main pendant un tournoi. Sitôt finie – je l’ai déjà aperçu à plusieurs reprises – et c’en est marrant tellement la synchronisation est parfaite, chacun s’empresse de commenter le truc via une tablette ou un smartphone, même s’il n’a pas joué… On se croirait dans un stand de démo de salon avec des automates… De même le joueur qui s’amuse au poker chinois avec un voisin de table en plein tournoi… cela démontre un mépris certain, genre je joue le tournoi mais en même temps je viens de gagner trois fois le buy-in en une main (même si à bien y regarder la plupart font de la pub pour une application de leur sponsor)… Je préférais le livre de poésie de Marc Gork lors de l’EPT Dortmund en 2009. Quant à l’intérêt de certains tweets, quand ils ne servent pas de défouloir…

Les tenues

Passons sur les vieilles rengaines comme celle de Mike Sexton sur son blog où il écrivait : “Récemment, lors d’une table finale d’un tournoi WPT, j’ai observé les six finalistes et quatre d’entre eux portaient des T-shirts et un autre un sweat shirt… A une autre table finale cette saison, j’ai vu des joueurs arriver en short et en tongs”. Oublions aussi celles de Sam Trickett avant le début du Big One for One Drop… Je dirais que l’important serait d’uniformiser juste un peu la table finale, où les capuches seraient interdites. Tout comme l’alcool d’ailleurs, car si le Heads-up s’était éternisé, je ne suis pas certain que Dan Smith serait resté assis longtemps… Mais en vérité s’habiller à la cool c’est encore revendiquer un certain laisser aller. Cela est symptomatique d’une époque. Dernièrement un spécialiste a critiqué Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, pour se montrer en réunion avec de potentiels investisseurs, lui en mode dimanche matin, eux façon Wall-Street. “Je suis cool mais je suis riche” voilà le message envoyé. D’ailleurs, bientôt qui sait, les petits gris-gris seront tous des tablettes Apple affichant Bloomberg TV. Et si auparavant une génération fantasmait devant les grandes oreilles de Mickey, il en est qui s’amusent à avoir les plus gros écouteurs Bose du moment. Chacun dans sa bulle.

L’avis de la vieille école

Fait amusant, les joueurs dit old-school en viennent à critiquer cette génération, Mike Sexton donc, mais aussi Joe Hachem qui a déclaré : “Ne soyez pas imbu de votre personne… Les joueurs sont trop égoïstes… Ils devraient peut-être commencer par essayer d’aider à faire évoluer le poker et non pas comment remplir leurs poches”. Alec Torelli ou encore Matt Glanz avaient aussi donné de la voix, concernant les tenues : “Non seulement c’est utile pour donner une bonne image de notre industrie mais aussi pour donner envie aux autres de jouer contre vous.” Attitudes envers les croupiers, après une élimination, déclarations dans les médias… tout y passe. Alors certes ils ont raison mais c’est en vérité un effet de levier. Plus la génération dorée va adopter cette attitude, plus les anciens les critiqueront et au final l’image globale est mauvaise pour tous, les derniers passant pour aigris. Le jeu s’en est aussi ressenti, devenant de plus en plus agressif, certains joueurs se plaignant de voir des cold 6bet pré-flop de cinq des huit joueurs à table à chaque main en tout début de tournoi…

La poker face

Enfin dernier point, avec en tête les paroles de Lady Gaga – elle aussi est la représentante d’une certaine génération. La poker face, celle arborée par exemple par Phil Ivey dans une publicité où aucun des traits de son visage ne trahissait sa réaction à l’idée de voir sa femme avec un autre homme (il a eu raison depuis), n’est plus ce qu’elle était. Auparavant signe distinctif de calme et de maîtrise absolus face à une certaine tension – et donc d’afficher un talent certain – la poker face a été remplacée par le masque de la moquerie même quand on perd, d’une attitude assez méprisante ou ultra agressive. Si Elky devait sortir une chanson demain, il reprendrait un célèbre tube de 1978 dont les paroles “Le Freak, c’est Chic” donneraient maintenant : “Le fric, c’est sick”.

Ceci est un avis personnel mais vous, qu’en pensez-vous ?