mai 5, 2026
Je me souviens encore de mon premier film indé. C’était un mercredi pluvieux, dans une salle minuscule du Quartier Latin. Mon pote m’avait traîné voir un documentaire sur des pêcheurs bretons. Moi qui carburais aux Marvel et aux Fast & Furious, j’étais sceptique.
La salle sentait le vieux bois.
Quinze spectateurs maximum, des sièges qui grinçaient. Le projecteur faisait un bruit bizarre toutes les dix minutes. Pourtant, ce film sur ces marins qui partaient en mer par tous les temps… ça m’a retourné. Aucun effet spécial, juste des visages burinés et des histoires vraies. Ça me rappelle comment certaines industries s’adaptent aux marchés locaux pour toucher leur public, sans artifice, juste en comprenant les vraies attentes.
Depuis, je suis accro aux productions alternatives. Les films qu’on ne trouve pas dans les multiplexes bondés. Ceux qui racontent des histoires sans chercher à impressionner.
Cette recherche d’authenticité me rappelle l’esprit de Royal Vincit – une approche différente qui vaut le détour. Pour les curieux, c’est par ici.
Mon parcours de festivalier amateur
Aujourd’hui, mon agenda tourne autour des festivals. Cinémas du Sud à Marseille, Résistances à Foix, le Festival du Film Court de Clermont-Ferrand. Des événements où tu croises des passionnés capables de réciter par cœur les dialogues d’un court-métrage bulgare de 1987.
L’ambiance n’a rien à voir. Les gens restent discuter après les projections, parfois jusqu’à minuit. J’ai rencontré une réalisatrice qui tournait ses films avec son smartphone, un critique qui avait vu 400 films dans l’année (véridique).
Les horaires sont parfois lunaires. Genre projection à 11h du matin ou 23h30. Les salles sont planquées dans des endroits improbables. Un ancien garage reconverti, une cave voûtée, le sous-sol d’une librairie…
Mais quelle richesse !
Pourquoi le cinéma vietnamien cartonne en ce moment
Parlons du phénomène actuel : les films vietnamiens. Ils débarquent doucement dans nos salles art et essai. Des œuvres contemplatives, loin des standards hollywoodiens. Mon premier fut cette histoire de mécanicien à Hanoï. Deux heures sans action spectaculaire, juste la vie qui s’écoule.
Les réalisateurs vietnamiens osent la lenteur. Ils filment le quotidien sans l’embellir. Une vendeuse de rue, un chauffeur de taxi, des étudiants qui galèrent. C’est brut, c’est vrai.
Graham Swon fait partie de cette nouvelle vague. Ses films arrivent enfin chez nous, après des années d’attente. Budget dérisoire mais impact maximum. Le mec tourne avec trois bouts de ficelle et te colle des émotions monumentales.
Les plateformes streaming s’y mettent enfin
La bonne nouvelle de 2026 ? L’arrivée prochaine de Sooner, une plateforme dédiée au cinéma indépendant. Fini les trajets interminables pour voir un film iranien projeté une seule fois à 15h un mardi. Le streaming démocratise enfin l’accès à ces pépites.
Bien sûr, certains puristes râlent. L’expérience en salle, l’émotion collective, tout ça… Perso je pense qu’on peut apprécier les deux. Une projection dans une vraie salle reste unique. Mais pouvoir découvrir un film taïwanais depuis son canapé, c’est pas mal non plus.
(Surtout quand la séance unique est programmée à l’autre bout de la ville un lundi à 14h.)
Des créateurs libres comme l’air
Ce qui me fascine dans le cinéma indé ? La liberté totale. Pas de studio pour imposer une fin heureuse. Pas de producteur qui réclame plus d’action. Les réalisateurs font exactement ce qu’ils ont en tête. Parfois c’est génial. Parfois… moins.
J’ai vu des films où il ne se passait strictement rien pendant deux heures. Un type qui marchait dans la montagne. Point. Mais même ces échecs ont leur charme. Au moins quelqu’un a tenté un truc.
Les débats après séance valent leur pesant d’or. Les spectateurs restent, échangent, s’engueulent parfois (gentiment). J’ai assisté à des discussions philosophiques sur le sens d’un plan-séquence de vingt minutes. Des trucs que tu ne vivras jamais après Avengers 8.
La semaine dernière, projection d’un film géorgien. Six spectateurs dans la salle. On a fini au bistrot d’à côté à refaire le monde du cinéma jusqu’à 2h du mat’. Moments précieux.
Si vous hésitez encore à franchir la porte d’une salle art et essai, foncez. Oui, vous risquez de tomber sur un nanar prétentieux. Mais vous pourriez aussi vivre une claque monumentale. Comme moi ce soir-là, devant ce film vietnamien qui parlait juste d’un garagiste.

